mercredi 14 juin 2017

Les 10km l'Equipe 2017, du soleil et un RP !

La dernière fois que j'ai couru un 10 km, c'était lors de la corrida de Noël d’Issy les Moulineaux, en décembre dernier. J'avais trouvé la course difficile mais j’avais quand même amélioré mon record personnel sur la distance. J'avais alors écrit que je sentais que je pouvais faire mieux, estimant que ma préparation n'avait pas été optimale.

C'est pour cela que je me suis inscris au 10 km de l'équipe. La course a eu lieu le we dernier (11 juin 2017). C'était ma première compétition post-marathon de Paris, 2 mois après. C'est difficile de maintenir une certaine exigence dans la préparation après avoir fait un tel volume en vue d’un marathon. Même si cette exigence n'a rien à voir avec celle du marathon. Comme je l'ai écrit dans cet article, j'avais davantage insisté sur le travail en piste, avec des séances de fractionné et de vitesse.
J'ai abordé cette course en me connaissant beaucoup mieux moi-même, en étant beaucoup plus confiant dans ma préparation et surtout en connaissant les points à améliorer dans la course (de sombres histoires de foulée, qui feront l'objet d'un prochain article). Ainsi je savais que je ne passerai pas sous la barrière des 35 min cette fois-ci, et c'est peut-être cette connaissance de moi-même qui m'a permis de ne pas "craquer". Je m'étais, sagement, fixé pour objectif de battre mon record personnel, et, si possible, de terminer la course en 37 min.

Je suis parti, pour la première fois de ma vie, du sas préférentiel. (Il fallait justifier d'un temps inférieur à 38 min pour l'intégrer). J'en étais très fier. L'autre avantage, c'était le départ le plus tôt (à 9h) donc au moment où la température était censée être encore "supportable". Le départ donné, je me suis élancé, sans être gêné par des différences de rythmes avec les autres coureurs. Cependant, je peux vous dire que ça se bouscule beaucoup plus sur la ligne de départ que dans les autres sas. Les premiers kilomètres ont été plutôt faciles, tout à fait à l'ombre, il y avait du monde mais tous couraient à peu près au même rythme. En arrivant au Palais Royal, j'avais un rythme de 3'38" au kilo. C'était correct, voire très bien. La foule s'est un peu étirée en montant l'avenue de l'Opéra, en léger faux plat ascendant, c'est en tout cas ce qu'il m'a semblé, parce que la descente vers la Rue de Rivoli était bien plus agréable. Le 5ème kilomètre est atteint sur la rue de Rivoli, entre l’opéra et la Madeleine. Je suis à ce moment-là sur un rythme de 3’40’’ par km. J’ai bouclé cette première moitié de course en 18 min 46 sec. Je fais rapidement le calcul dans ma tête : je devrais arriver dans les 37 min et une trentaine de secondes… si je maintiens ce rythme. Malgré la chaleur, et sachant que je suis tout juste dans mon objectif, je choisi consciemment de bouder le ravito. Je n’ai pas l’habitude de me ravitailler lors des 10 km, même pendant mes sorties longues de 20 ou 30 bornes, à moins qu’il fasse très chaud. Je sais que c’est risqué, mais je prends ce risque.

Je n’ai à ce moment aucune certitude de pouvoir tenir ce rythme, je redoute (à raison) le passage sur les quais. Je fais attention à ne pas trop me fatiguer, mais j’essaie quand même de soigner ma foulée. C’est en arrivant sur les quais, et en descendant dans le tunnel que ma crainte se concrétise. La descente dans le tunnel me fait « talonner », je ressens une faible douleur au talon droit et au tendon d’Achille. Une fois dans le tunnel, je m’applique alors à moins attaquer par le talon, et à favoriser le « médio-pied », mais la fatigue se fait ressentir sur le mollet droit. Cependant, ce passage dans le tunnel a pour avantage d’être à l’ombre, et à l’abri du regard des satellites de ma montre. Je ne sais donc pas à quelle allure je suis exactement à ce moment-là, mais je pense garder le rythme. Le tunnel se passe en fait plutôt bien, la douleur au talon m’a permis de me refaire penser à ma foulée. Je pense que le tunnel a été plutôt mal vécu par les autres concurrents car c’est là que j’ai dépassé le plus de monde. La sortie du tunnel a été plus facile que prévu, car il n’y a pas de montée à ce moment-là. En revanche, les quais sont sous le soleil, c’est là qu’on souffre, il fait extrêmement chaud. Il y a plus de monde ici sur le bas-côté, les gens doivent voir dans nos regards que nous sommes vraiment en train de souffrir. C’est l’horreur, pas loin de l’enfer. Sur les 500 derniers mètres (ça ne pouvait pas être plus mal placé), on remonte ce qu’on a descendu avant le tunnel. Ça casse les jambes, tout le monde nous cri : plus que 500 mètres, allez ! Mais tu sais ce que c’est 500 mètres à ce moment-là toi ? En haut de la côte, on aperçoit la ligne d’arrivée, on donne tout, je sens que je suis au bout, et je passe la ligne en 37 min 30 sec. Nouveau record personnel sur la distance, mais encore loin des 36 min 59 sec.
Avec le recul, cette course a été plutôt sympa : le parcours est vraiment beau, les conditions n’étaient pas faciles, mais l’ambiance était cool. J’ai amélioré un RP dont je suis plutôt fier et je sais maintenant qu’il faut que je bosse sur cette foulée. Niveau préparation, on peut toujours faire plus, et surtout faire mieux. J’ai été très régulier sur cette course, en bouclant la deuxième moitié en 2 secondes de moins que la première. On ne peut pas franchement parler d’un « negativ split » mais c’est quand même une bonne chose.
Je ne sais pas si j’arriverai un jour à courir 10 km en 35 min. Mais tout ce que je sais, c’est que j’essaierai.

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