mardi 13 décembre 2016

Revue de course : La Corrida de Noël d'Issy-Les-Moulineaux

J'habite à Issy les Moulineaux depuis tout petit, et je cours depuis quelques années maintenant, et non, je n'avais encore JAMAIS participé à la Corrida de Noël. Mon précédent article vous à sûrement fait comprendre que je n'étais pas le plus grand fan du sport par -20°C, et, comme son nom l'indique, la Corrida de Noël n'a jamais lieu au moment le plus chaud de l'année. Cette fois, soucieux de ne pas (trop) lever le pied sous prétexte que c'est la fin de l'année (une année plutôt réussie en terme de course à pied, j'y reviendrai dans un prochain article). En plus de ça, la période post-marathon a été un peu dure pour moi, et l'été a été assez peu actif niveau course à pied, ce qui fait que la rentrée en septembre a été un peu dure et j'avais vraiment du mal à retrouver un bon rythme à l'entraînement. J'ai donc décidé de m'inscrire à cette course, tellement populaire, surtout vers chez nous bien sûr!

Ma préparation n'a pas été DU TOUT ce que j'avais prévu... (comme d'habitude en fait). Mais j'ai fait le nécessaire, avec le minimum de volume, pas mal d'endurance fondamentale dans le froid et quelques séances de fractionné pour gagner en vitesse. Chose assez courante chez moi, je n'ai couru qu'une seule fois la dernière semaine avant la course, 5 petits kilomètres la veille, avec un kilomètre à l'allure de mon RP10km, tout en faisant TRES attention à ne rien abimer. Je ne sais pas pour vous, mais les jours précédents les courses, je suis hanté par la peur de me blesser.

Je suis donc arrivé sur la ligne de départ, dans le sas n°1 (juste derrière les élites). Je n'étais pas serein, pas tout à fait sûr de ma prépa, ni d'avoir retrouvé mon meilleur niveau mais je faisais confiance à l'effet "compétition"et au tracé réputé "très roulant" de la course. C'est un 10 km qui se fait sur une boucle d'un peu plus de 3 km, donc 3 tours et arrivée dans un stade (le stade Jean Bouin d'Issy les Moulineaux). J'avais en tête les 3 allures qui m'importaient:
-> 3'42'' / Km et j'explosais mon RP (c'était juste au cas où, pour avoir l'info)
-> 3'48'' / Km pour égaler mon RP à 37min 57sec
-> 4' / Km pour sauver les meubles avec un chrono juste correct pour moi
En gros, je visais 37min pour être sûr d'arriver entre les 38 et 40 min. Si je faisait plus de 40min, ça aurait été un gros échec assez dur à encaisser. Je n'étais pas du tout mais alors vraiment pas DU TOUT dans la mentalité du gars qui va essayer de battre son record. Je ne m'en sentais vraiment pas capable et le but de cette course était de faire le point sur mon niveau en compèt avant de commencer, dans un mois, ma prépa pour le prochain marathon de Paris. J'avais déjà battu mon record perso sur 10 km fin mai cette année, avec 37min 57sec et j'étais assez content de ça d'une part et pas du tout dans la même forme qu'actuellement.

Résultat : je suis parti correctement, et le premier Km a été avalé en 3min et 40sec, j’étais bien au-delà de ce que j’espérais, mais je n’avais pas l’impression d’être parti trop vite. J’ai vite fait une croix sur le Negative Split, et j’ai essayé de tenir le rythme en sachant très bien que je ne devais pas essayer d’accélérer si je redescendais vers les 3min 42sec. J’ai donc continué comme ça. A 4km, je tournais en 3min 39, je savais que j’étais trop rapide. Alors j’ai ralenti, mais pas trop, pour ne pas casser mon rythme et perdre mes jambes. Mon rythme est tranquillement descendu à 3min 42sec a l’entame de la 3ème boucle. J’étais en souffrance mais je ne lâchais rien, je n’étais vraiment pas serein, je n’avais pas de bonnes sensations. C’était très étrange, je sentais mes jambes fébriles, j’avais trop chaud, j’ai enlevé mes gants et mon bandeau tour de cou, retroussé les manches de mon t-shirt en seconde peau et j’ai essayé de garder le rythme. Je savais que je réussirais ma course, à 8km, j’étais redescendu à 3min 44 sec au kilo. Là j’ai accéléré, jusqu’à l’arrivée, sans trop forcer, en sachant que je serais dans un bon chrono. Si j’ai vraiment eu des doutes tout au long de cette course, je n’ai senti aucune gêne physique, aucun problème d’aérobie. J’ai douté de mes performances, mais jamais du fait de pouvoir terminer cette course. Ça n’a pas été ma meilleure course, mais ça a été mon meilleur chrono. J’ai établi mon nouveau record personnel sur cette distance. J’ai bouclé ces 10km en 37min 42sec. J’ai encore du mal à comprendre. J’accorde une très grande part de mes performances au mental. J’essaie de l’entrainer au maximum à l’approche de chaque course. Je fais très attention à mes propres sensations aussi. Je modifie toujours mes plan d’entraînements au jour le jour. Car j’estime être le seul à savoir ce que je dois faire pour atteindre les objectifs que je me fixe moi-même. Je cours pour moi et je suis celui qui me connait le mieux. Clairement, cette course va me donner à réfléchir (et me donne à réfléchir depuis dimanche). Car je n’avais ni les bonnes sensations sur lesquelles je me base pourtant tout le temps, ni la volonté et le mental de gagnant qui me permet de relativiser quand je ne suis pas au top de ma forme. C’est extrêmement déroutant, car tout à fait imprévu et surtout complètement contradictoire. Je viens de battre mon record personnel sur 10km et pourtant, je suis persuadé que je peux encore faire mieux, dans un avenir proche. Cela me rassure, et c’était un peu le but. Alors je vais aborder ma prépa pour le Marathon de Paris dans un mois, serein et extrêmement motivé, pour (pourquoi pas) passer sous les 3h. Je retenterai d’améliorer mon RP sur 10km en 2017, soit pendant la prépa soit après, au printemps.

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