samedi 10 décembre 2016

Courir en hiver


Le froid n’est pas le seul élément responsable de la démotivation chronique qui touche tous les runners au mois de décembre. Mais étrangement, nous avons, dès que le thermomètre se rapproche des températures nulles et négatives, d’excellentes raisons de ne pas sortir.

Tout d’abord, c’est une période à laquelle notre forme physique (entendez : les bourrelets et les kilos en trop) est reléguée au second plan, à la différence des mois de printemps, où de nombreuses personnes se mettent à courir en vue de leurs vacances à la plage.

Ensuite, la température nous fait réfléchir à deux fois avant de sortir. Si on court le soir, rentrer chez soi au chaud est particulièrement agréable, et il est d’autant plus difficile de ressortir se geler les miches. Si l’on est du matin, la température est en général encore plus basse.

Les blessures sont la plaie de l’hiver, dû justement aux températures, au manque d’entrainement (lui-même dû à la perte de motivation) et aux conditions particulières de cette saison de l’enfer. Ces conditions qui rendent la sortie en hiver périlleuse sont les suivantes : le terrain, sur lequel on s’entraine : les pistes d’athlé sont gelées, les chemins sont durs, l’herbe glissante, les routes mouillées.
Outre le risque de glisser, tomber, fouler, etc, les blessures peuvent venir de la sur-sollicitation de certains muscles (adducteurs, ischo) à cause de la mauvaise qualité du terrain. En gros, vous forcez sans le savoir sur certains muscles pour garder votre équilibre sur votre piste gelée ou votre route trempée, cela entraîne des inflammations, tendinites, etc.
L’obscurité : à moins de courir entre 11h le matin et 16h le soir, la visibilité est bien mauvaise en hiver. Et la nuit, les accidents sont nombreux : vous ne voyez pas où vous mettez vos pieds, vous ne voyez pas les autres runners, les passants, les cyclistes, les voitures, les bus, les camions citernes, etc
Tout cela nous permet de dire qu’effectivement l’hiver n’est pas la bonne saison pour s’entraîner. Parce que franchement, à choisir entre se tordre la cheville par 25 degré une belle matinée de printemps et se faire exactement la même blessure une triste soirée d’hiver par -5 degrés… il n’y a pas photo !

Cependant, il y a des avantages à courir à cette période. Et même des avantages qui rendent l’entraînement en hiver (quasi) indispensable.

Le travail que vous faites en hiver ne sera pas à faire au printemps. Et oui, vous vous souvenez du mois d’avril dernier, où vous vous êtes rendu compte que les tartiflettes à midi et raclettes le soir vous avaient condamné à 3 mois de remise en forme de haute intensité ? Peut-être que le combo Raclette/course à pied pourra vous faire passer un printemps actifs mais agréable, avec un peu moins de souffrance au programme.

Vous ne serez plus malade. Si on réfléchit en ce moment en hauts-lieux pour autoriser les médecins à prescrire des séances de sport sur ordonnance (dans des cas très particuliers) c’est bien que le sport renforce votre système immunitaire et vous permet de lutter contre les virus en tout genre. Faire du sport dans le froid permet à votre corps de s’habituer à lutter dans l’environnement hivernal plutôt hostile. La condition ici est évidemment de ne pas prendre froid lors de vos sorties sous la neige, donc de bien s’échauffer (de préférence avant de sortir) et de se couvrir correctement.

Votre entrainement est plus efficace. Et ce pour deux raisons :


1) Vous vous acharnez moins sur votre petit corps fragile. En effet, nous avons tous tendance à courir un peu trop vite un peu trop souvent. Les séances d’endurance fondamentale font chier tout le monde, nous sommes tous d’accord là-dessus (et ce défaut n’est pas réservé au plus expérimenté, bien au contraire, les débutants ont tendance à estimer que, n’étant pas très performant, ils doivent pousser leur allure à chaque sortie). Le froid (la neige, le vent, la grêle, …) a pour avantage salvateur de limiter votre surentrainement en vous poussant à faire des sorties plus courtes et moins intenses.

2) Les conditions, plus difficiles, demandent plus d’effort à votre corps. Ce n’est pas le même type d’effort que lors d’une séance normale. Votre corps va plus vite piocher dans vos réserves d’énergie, éliminant ainsi plus rapidement les cheat meals et entrainant votre organisme à gérer la durée. Cela aura un effet très positif sur votre endurance.

Il est possible d’annuler les inconvénients cités plus hauts tout en profitant des avantages que je viens d’énumérer. Pour cela, comme toujours, la préparation est la clé.

Il faut adapter ses sorties, s’autoriser un peu de relâchement (en fonction de votre planning personnel et sportif) et adapter son équipement. La sortie de la gamme Shield chez Nike paraît être un évènement marketing visant à nous faire racheter des chaussures uniquement pour les 3 mois d’hiver, mais l’idée de développer une version « hiver » des chaussures de running est effectivement excellente. Les produits sont plus visibles (fluo et réfléchissants, à ne pas mettre pour sortir en boîte), imperméables et isolants pour ne pas se geler les orteils et plus adhérants aussi. Mais cette option n’est évidemment pas forcément nécessaire, une bonne paire assez résistante peut faire l’affaire, l’essentiel réside dans les collants et cuissards pour les jambes, dans les 3 couches pour le haut du corps (un T-shirt type seconde peau pour garder la chaleur dégagée par votre propre corps, un sweat pour tenir chaud et une veste pour protéger du vent et des intempéries) toutes ces pièces sont disponibles dans votre grande surface de sport (genre Décathlon), les premiers prix sont autour de 20€ la pièce, vous les trouverez à 100€ chez Nike ou Adidas et franchement, la qualité est sûrement meilleur mais l’utilisation ne vaut pas toujours le coût d’investir autant, c’et à chacun d’en juger. N’oubliez pas, avant de sortit de bien couvrir les extrémités de votre corps (bonnes chaussettes, gants, écharpe et bonnet) c’est par là, que vient le mal.

Pour parler un peu de moi, j’ai souvent tendance à lever (un peu trop) le pied durant les mois d’hiver, j’ai donc pris la décision de m’inscrire à une course en décembre (la corrida de Noël d’Issy Les Moulineaux), ce qui me permet de me pousser à assurer le minimum et constitue aussi l’énorme avantage de maintenir un certain niveau d’activité et de forme avant de commencer la prépa au Marathon de Paris, prépa qui commencera pour moi, dans le courant du mois de janvier.

Je suis heureux d’avoir pu vous remotiver à courir par ce froid de gueux, bonne course.

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